L'édito du Pr Eric Baccino

Depuis la réforme de 2010, la naissance de l’Office national de la médecine légale et la création du DES de « Médecine légale et expertises médicales », il est à peu près clair pour tous que l’activité de notre spécialité repose sur trois piliers : le cadavre (levée de corps, autopsie), l’examen des personnes gardées à vue, la prise en charge des victimes vivantes. Nombre de ces différents aspects ont été largement abordés dans les précédents congrès francophones.

Il nous a semblé nécessaire de mener pour cette édition une réflexion sur certaines zones frontières, marginales, voire méconnues de notre spécialité car c’est peut-être là que se situe les perspectives de développements, le futur. Ce 52e congrès se tenant à Montpellier, ville dont la faculté de médecine célèbre en 2020 son 800e anniversaire et l’avenir prenant sa source dans le passé, ce sera le moment indiqué pour aborder ces sujets.

Nous traiterons donc de l’histoire de la médecine légale et de problèmes particuliers, certes déjà actuels mais appelés d’après moi à se développer : les personnes âgées victimes de maltraitance ; les migrants (examen de victime de tortures, y compris mutilation sexuelle, détermination de l’âge) ; la thanatologie qui sera représentée par la levée de corps, déjà problématique dans les zones de déserts médicaux (certains ayant déjà envisagé de faire appel à des infirmières pour l’effectuer) ; la démographie médicale et l’absence de texte réglementaires précisant clairement les indications autopsique laissent peu d’espoir d’amélioration dans le futur.

Il existe une frontière, parfois purement idéologique, qui fait que l’intégration des différentes formes d’expertise médicale à la médecine légale ne va pas de soi pour tous. Il est nécessaire d’aborder cette question en mettant en balance les besoins (manque criant dans certaines spécialités) et les possibilités de formation que nous pourrions offrir.

La dernière frontière est géographique : nous avons pour ambition dès 2021, d’étendre la francophonie bien au-delà de la France et du français qui en 2050 sera la langue la plus parlée au monde.

Pr Eric Baccino

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